L’histoire des Bibles

Parcours compagnon · cinquième volet

L’histoire des Bibles, de Moïse à votre téléphone.

Comment un texte écrit sur des rouleaux de cuir, il y a plus de trois mille ans, est-il arrivé jusqu’à la Bible que vous ouvrez ce matin ? Neuf planches, huit fils de couleur et 50 repères racontent cette transmission : les langues, les copistes, les traducteurs, les imprimeurs, et les Églises qui, à chaque génération, ont reçu la Parole pour la transmettre.

Genèse 1, 1 — la même phrase, cinq langues, trois mille ans.

Mode d’emploi · les huit fils

Comme dans la frise du dossier principal, chaque fil naît à son premier repère et court jusqu’au dernier ; une pastille marque l’événement et le titre prend la couleur du fil. À gauche : la date, le lieu et, quand il existe, le visage. Les dates anciennes sont approximatives ; les planches se lisent dans l’ordre, mais chacune se suffit.

Aux origines : des rouleaux hébreux à la Septante

Chaque fil de couleur suit une langue ou une famille de Bibles : l'hébreu, le grec, le latin, les langues du peuple, puis les Bibles françaises protestantes et catholiques, l'érudition et le monde entier. Une pastille marque l'événement ; le titre prend la couleur du fil. Les dates anciennes sont approximatives.

  1. XIIIe–XIIe s. av. J.-C.Sinaï, Canaan

    hébreu et Ancien Testament — La Torah mise par écrit

    La tradition d'Israël attribue à Moïse la Loi (Torah) ; les cinq livres sont copiés sur des rouleaux de cuir et lus à haute voix dans l'assemblée. L'écriture alphabétique, née en Canaan, rend possible un texte que le peuple entier peut entendre et apprendre.

  2. v. 1000–400 av. J.-C.Jérusalem

    hébreu et Ancien Testament — Prophètes, psaumes et sagesse

    Autour de la Loi s'ajoutent les livres historiques, les prophètes, les psaumes de David et la sagesse de Salomon. Après l'exil à Babylone, le scribe Esdras lit publiquement la Loi devant le peuple rassemblé (Néhémie 8) : la Bible est déjà un livre public.

  3. v. 250–130 av. J.-C.Alexandrie

    grec : Septante et Nouveau Testament — La Septante : la Bible parle grec

    Pour les juifs d'Égypte qui ne lisent plus l'hébreu, la Loi puis tout l'Ancien Testament sont traduits en grec. Cette « version des Septante » sera la Bible des premiers chrétiens et celle que citent le plus souvent les auteurs du Nouveau Testament.

  4. IIIe s. av. – Ier s. ap. J.-C.Qumrân, mer Morte

    hébreu et Ancien Testament — Les manuscrits de la mer Morte

    Une communauté juive copie et conserve dans des jarres près d'un millier de manuscrits, dont un rouleau complet d'Ésaïe. Retrouvés en 1947, ils montrent que le texte hébreu transmis pendant mille ans par les copistes est resté remarquablement stable.

  5. Ier s. ap. J.-C.Galilée, Jérusalem

    hébreu et Ancien Testament — La Bible de Jésus

    Jésus lit Ésaïe dans la synagogue de Nazareth (Luc 4) et cite « la Loi, les Prophètes et les Psaumes » (Luc 24, 44). L'Ancien Testament est complet et reconnu ; les apôtres le prêchent en hébreu, en araméen et en grec.

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Le Nouveau Testament et le canon (Ier–Ve siècle)

En moins d'un siècle, lettres et Évangiles sont écrits, copiés et échangés entre les Églises. Trois siècles plus tard, la liste des livres est fixée et l'Église d'Occident reçoit sa Bible latine.

  1. v. 50–65Corinthe, Éphèse, Rome

    grec : Septante et Nouveau Testament — Les lettres de Paul

    Les plus anciens écrits chrétiens sont des lettres dictées à des Églises et lues en assemblée, puis échangées (Colossiens 4, 16). Pierre les range déjà parmi « les autres Écritures » (2 Pierre 3, 16).

  2. v. 65–95Rome, Antioche, Éphèse

    grec : Septante et Nouveau Testament — Les quatre Évangiles et l'Apocalypse

    Marc, Matthieu, Luc (avec les Actes) puis Jean mettent par écrit le témoignage des apôtres. Le plus ancien fragment conservé, le papyrus P52 (Jean 18), date des années 125-150 : moins d'une génération après la rédaction.

  3. v. 170–200Rome, Lyon

    manuscrits, érudition et critique du texte — Une liste des livres reçus

    Le fragment de Muratori énumère les écrits lus dans l'Église de Rome ; à Lyon, Irénée défend « l'Évangile quadriforme ». Les Églises reconnaissent des livres qu'elles ont reçus, elles ne les fabriquent pas.

  4. v. 350Égypte, Césarée

    manuscrits, érudition et critique du texte — Les grands codex : Vaticanus et Sinaiticus

    Deux Bibles complètes en grec, copiées sur parchemin en livre relié (codex) et non plus en rouleau. Elles restent aujourd'hui les témoins majeurs du texte ; le Sinaiticus sera redécouvert en 1844.

  5. 367Alexandrie

    grec : Septante et Nouveau Testament — Athanase fixe la liste des 27 livres

    Dans sa lettre pascale, l'évêque d'Alexandrie donne pour la première fois la liste exacte des vingt-sept livres du Nouveau Testament tels que nous les avons ; les conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397) la confirment.

  6. 382–405Rome, BethléemSaint Jérôme, gravure ancienne

    latin : la Vulgate — Jérôme et la Vulgate

    À la demande du pape Damase, Jérôme révise les vieilles Bibles latines puis, installé à Bethléem, traduit l'Ancien Testament directement sur l'hébreu : « la vérité hébraïque ». Sa Vulgate sera la Bible de l'Occident pendant mille ans.

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Le Moyen Âge : copier, ordonner, traduire (VIe–XIVe siècle)

Pendant mille ans, la Bible est un manuscrit précieux, copié dans les monastères. Les massorètes fixent l'hébreu, les universités découpent le texte en chapitres, et déjà des laïcs veulent le lire dans leur langue.

  1. v. 700Wearmouth-Jarrow (Angleterre)

    latin : la Vulgate — Le Codex Amiatinus

    La plus ancienne Bible latine complète conservée : plus de mille feuillets de parchemin, copiés par des moines anglo-saxons pour être offerts au pape. Vers 800, Alcuin, à la cour de Charlemagne, unifie le texte de la Vulgate pour tout l'empire.

  2. v. 930 – 1008Tibériade, Le Caire

    hébreu et Ancien Testament — Les massorètes : Alep et Léningrad

    Les savants juifs de Tibériade ajoutent voyelles et accents au texte hébreu, sans consonnes jusque-là, et comptent chaque lettre. Le Codex d'Alep (v. 930) et le Codex de Léningrad (1008) sont la base de toutes les Bibles hébraïques modernes.

  3. v. 1170–1180LyonPortrait de Pierre Valdo

    langues du peuple avant la Réforme — Valdo fait traduire l'Évangile à Lyon

    Le marchand lyonnais Pierre Valdo paie deux clercs pour traduire des livres bibliques dans la langue du pays. Les « pauvres de Lyon » prêchent l'Écriture au peuple ; condamnés, ils survivent dans les vallées alpines jusqu'à Chanforan (1532).

  4. v. 1205–1230Paris

    manuscrits, érudition et critique du texte — Chapitres et Bible de Paris

    Étienne Langton découpe la Bible en chapitres, ceux que nous utilisons encore. Les libraires de l'université de Paris produisent des Bibles portatives d'un seul volume, à l'ordre des livres unifié : la Bible devient un objet que l'on peut consulter.

  5. 1295Aire-sur-la-Lys

    langues du peuple avant la Réforme — La Bible historiale de Guyart des Moulins

    Un chanoine traduit et adapte en français l'histoire biblique, d'après la Vulgate et un manuel latin. Copiée à des centaines d'exemplaires, souvent enluminée, c'est la Bible française des princes et des riches laïcs jusqu'à l'imprimerie.

  6. 1382–1395OxfordPortrait de John Wycliffe

    langues du peuple avant la Réforme — Wycliffe : la Bible en anglais

    John Wycliffe et ses disciples traduisent toute la Vulgate en anglais, copiée à la main et diffusée par les lollards malgré l'interdiction. Un siècle avant l'imprimerie, l'idée est posée : le peuple doit pouvoir lire l'Écriture.

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L'imprimerie et le retour aux sources (1450–1534)

En quatre-vingts ans, tout change : la presse multiplie les livres, les humanistes rééditent l'hébreu et le grec, et la Réforme met la Bible entre toutes les mains.

  1. 1454–1455MayencePortrait de Johannes Gutenberg

    le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — La Bible de Gutenberg

    Le premier grand livre imprimé en Occident est la Vulgate : environ 180 exemplaires en deux volumes. Le prix d'une Bible va bientôt être divisé par dix, et une erreur corrigée sur la presse ne se propage plus de copie en copie.

  2. 1488Soncino (Italie)

    hébreu et Ancien Testament — La première Bible hébraïque imprimée

    Une famille d'imprimeurs juifs publie la Bible hébraïque complète avec voyelles. En 1524-1525, la seconde Bible rabbinique de Venise (Bomberg) donnera le texte que reprendront tous les traducteurs de la Réforme, Olivétan compris.

  3. 1514–1522Alcalá de Henares, BâlePortrait d’Érasme

    grec : Septante et Nouveau Testament — Polyglotte d'Alcalá et Nouveau Testament d'Érasme

    En Espagne, le cardinal Cisneros imprime la Bible en colonnes parallèles hébreu, grec et latin. À Bâle, Érasme publie en 1516 le premier Nouveau Testament grec mis en vente, avec une traduction latine nouvelle : c'est le texte grec que liront Luther, Tyndale et Olivétan.

  4. 1522–1534WittenbergPortrait de Martin Luther

    le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — Luther : la Bible allemande

    Réfugié à la Wartburg, Luther traduit le Nouveau Testament sur le grec en onze semaines ; la Bible complète paraît en 1534. Sa langue vivante forge l'allemand moderne et donne le modèle des Bibles de la Réforme.

  5. 1523–1530Meaux, AnversPortrait de Jacques Lefèvre d’Étaples

    Bibles catholiques en français — Lefèvre d'Étaples : la Bible en français

    L'humaniste Jacques Lefèvre d'Étaples traduit le Nouveau Testament (1523) puis toute la Bible (Anvers, 1530), d'après la Vulgate corrigée. Interdite en France, elle sert de base à Olivétan pour le Nouveau Testament et à la Bible catholique de Louvain.

  6. 1526–1536Worms, Anvers, VilvordePortrait de William Tyndale

    langues du peuple avant la Réforme — Tyndale, traducteur martyr

    William Tyndale imprime en exil le Nouveau Testament anglais traduit du grec, introduit en Angleterre en contrebande. Arrêté près de Bruxelles, il est étranglé et brûlé en 1536 ; sa traduction passera presque entière dans la Bible du roi Jacques.

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Olivétan et la Bible de Genève (1535–1600)

À Neuchâtel puis à Genève naît la lignée française protestante : une traduction sur l'hébreu et le grec, révisée sans relâche, découpée en versets, annotée pour le lecteur ordinaire.

  1. 1532Chanforan (Piémont)Portrait de Guillaume Farel

    Bibles protestantes en français — Le synode de Chanforan

    Les vaudois des vallées rencontrent Guillaume Farel et décident de faire traduire la Bible en français sur les langues originales, à leurs frais. Le cousin de Calvin, Pierre Robert dit Olivétan, est chargé du travail.

  2. 4 juin 1535Neuchâtel (Serrières)Page de titre de la Bible d’Olivétan, 1535

    Bibles protestantes en français — La Bible d'Olivétan

    Pierre de Vingle achève l'impression d'un grand in-folio gothique : premier Ancien Testament français traduit de l'hébreu, Nouveau Testament révisé sur le grec, apocryphes mis à part, préface latine de Calvin. La souche de toutes les Bibles protestantes françaises.

  3. 1540–1551GenèvePortrait de Jean Calvin

    Bibles protestantes en français — Révisions de Genève

    Jean Girard réimprime la Bible en caractères romains (« Bible de l'Épée », 1540) ; Calvin lui-même met la main aux révisions de 1546 et 1551. Le texte gagne en clarté à chaque édition.

  4. 1550Louvain

    Bibles catholiques en français — La Bible de Louvain

    Pour répondre aux Bibles protestantes, les théologiens de Louvain publient une Bible française catholique, révision de Lefèvre d'Étaples sur la Vulgate. Approuvée par les théologiens de Louvain et publiée avec privilège impérial, elle sera rééditée pendant un siècle.

  5. 1551–1553GenèvePortrait de Robert Estienne

    manuscrits, érudition et critique du texte — Robert Estienne numérote les versets

    L'imprimeur du roi, réfugié à Genève, divise le Nouveau Testament grec (1551) puis toute la Bible française (1553) en versets numérotés. Concordances, catéchismes et lecture par référence deviennent possibles.

  6. 1560–1588GenèvePortrait de Théodore de Bèze

    Bibles protestantes en français — La Bible de Genève

    Les pasteurs de Genève, Théodore de Bèze et Simon Goulart en tête, révisent l'ensemble : notes, sommaires, et le choix d'Olivétan pour le nom divin, « l'Éternel », désormais généralisé. La Bible de 1588 restera la référence des Églises réformées de langue française pendant plus d'un siècle.

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Refuge, Lumières et sociétés bibliques (1600–1830)

Chassés de France, les protestants révisent leur Bible à Amsterdam et à Neuchâtel ; les catholiques de Port-Royal donnent au français classique sa grande traduction ; puis les sociétés bibliques inventent la diffusion de masse.

  1. 1611Londres

    le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — La Bible du roi Jacques

    Quarante-sept savants révisent les traductions anglaises antérieures, Tyndale en tête, pour le roi Jacques Ier. La King James Version devient la Bible du monde anglophone et de ses missions pendant trois siècles.

  2. 1667–1696Port-Royal, ParisPortrait de Louis-Isaac Lemaistre de Sacy

    Bibles catholiques en français — La Bible de Sacy

    Louis-Isaac Lemaistre de Sacy, traduisant à la Bastille puis à Port-Royal, donne la Bible catholique classique en français, d'après la Vulgate. Sa prose élégante nourrira Racine, Pascal et deux siècles de lecteurs.

  3. 1707Amsterdam

    Bibles protestantes en français — La Bible de David Martin

    Pasteur réfugié à Utrecht après la révocation de l'édit de Nantes (1685), Martin révise la Bible de Genève sur les originaux pour les Églises du Refuge. Sa version reste imprimée encore aujourd'hui.

  4. 1744Neuchâtel

    Bibles protestantes en français — La Bible d'Ostervald

    Jean-Frédéric Ostervald, pasteur de Neuchâtel, publie une révision claire de Genève et Martin, avec arguments et réflexions. Ce sera la Bible des protestants français jusqu'à Segond, notamment pendant le Réveil.

  5. 1804–1818Londres, Paris

    le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — Les sociétés bibliques

    La British and Foreign Bible Society (1804) puis la Société biblique protestante de Paris (1818) impriment et distribuent des Bibles à bas prix, sans notes, dans toutes les langues. Colporteurs et missions les portent jusqu'aux villages.

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Le XIXe siècle : manuscrits retrouvés et Louis Segond (1830–1910)

Les savants remontent aux manuscrits les plus anciens pendant que les Églises réclament une traduction neuve. Louis Segond répond aux deux attentes.

  1. 1844–1859Mont SinaïPortrait de Constantin von Tischendorf

    manuscrits, érudition et critique du texte — Tischendorf retrouve le Codex Sinaiticus

    Au monastère Sainte-Catherine, le savant allemand découvre puis obtient le grand codex grec du IVe siècle. Avec le Vaticanus, il permet aux éditions critiques (Westcott et Hort, 1881 ; Nestle, 1898) de remonter au-delà du texte d'Érasme.

  2. 1859–1885Pau, VeveyPortrait de John Nelson Darby

    Bibles protestantes en français — La Bible de Darby

    John Nelson Darby, fondateur des Assemblées de Frères, traduit avec des collaborateurs un Nouveau Testament (1859) puis toute la Bible (1885) d'une littéralité extrême, encore utilisée pour l'étude.

  3. 1874–1880Genève, OxfordPortrait de Louis Segond

    Bibles protestantes en français — Louis Segond traduit à neuf

    À la demande de la Compagnie des pasteurs de Genève, Louis Segond traduit l'Ancien Testament sur l'hébreu (1874) puis le Nouveau sur le grec (1880). Pour la première fois depuis Olivétan, une Bible française protestante n'est pas une révision mais une traduction nouvelle.

  4. 1894–1904Amiens

    Bibles catholiques en français — La Bible de Crampon

    Le chanoine Augustin Crampon traduit, côté catholique, sur l'hébreu et le grec et non plus sur la Vulgate : un tournant, un demi-siècle avant que Rome ne l'encourage officiellement (Divino afflante Spiritu, 1943).

  5. 1910Paris

    Bibles protestantes en français — Segond 1910 et la Bible synodale

    La Société biblique britannique publie la révision de Segond qui portera son nom, « Segond 1910 », lue dans ce dossier ; la même année paraît la Bible synodale des Églises réformées. La Segond 1910 devient la Bible de tout le protestantisme francophone, évangéliques compris.

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Le XXe siècle : Qumrân, Jérusalem, œcuménisme (1947–2000)

La découverte de la mer Morte confirme le texte hébreu ; catholiques et protestants traduisent enfin ensemble ; les Bibles se multiplient pour des publics différents.

  1. 1947Qumrân

    manuscrits, érudition et critique du texte — Les rouleaux de la mer Morte

    Un berger bédouin trouve les premières jarres. Le grand rouleau d'Ésaïe, mille ans plus ancien que le Codex de Léningrad, s'accorde avec lui presque mot pour mot : la fidélité des copistes juifs est démontrée.

  2. 1956Jérusalem, Paris

    Bibles catholiques en français — La Bible de Jérusalem

    Les dominicains de l'École biblique de Jérusalem publient en un volume une traduction sur les originaux, avec introductions et notes d'érudition. Elle devient la Bible catholique de référence en français.

  3. 1975Paris

    Bibles catholiques en français — La TOB, traduction œcuménique

    Catholiques, protestants et orthodoxes traduisent ensemble ; le Nouveau Testament paraît en 1972, la Bible entière en 1975. Pour la première fois depuis la Réforme, un même texte français est reçu par toutes les confessions.

  4. 1978–1982Genève, Paris

    Bibles protestantes en français — Colombe et Bible en français courant

    La Segond révisée « à la Colombe » (1978) modernise la Segond pour les Églises évangéliques et réformées. La Bible en français courant (1982), de l'Alliance biblique, cherche un langage simple pour tous.

  5. 1992–2000Paris, Nashville

    Bibles protestantes en français — Semeur et Parole de Vie

    La Bible du Semeur (1992, révisée 2015), traduction évangélique en français contemporain, et la Parole de Vie (2000), en français fondamental, élargissent le choix des lecteurs. Les Bibles d'étude se multiplient.

  6. 1993–2012Münster, Stuttgart

    manuscrits, érudition et critique du texte — Nestle-Aland 27 et 28

    L'édition critique du Nouveau Testament grec, fruit d'un siècle de travail sur plus de 5 000 manuscrits, sert de base à presque toutes les traductions modernes. Le texte est le plus sûr que l'on ait jamais possédé.

L'histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 20268 / 9

Aujourd'hui : une Bible pour chaque lecteur (2000–2026)

Traductions nouvelles, écran et téléphone, et un mouvement mondial pour que chaque langue ait son Écriture : l'histoire commencée avec des rouleaux de cuir continue.

  1. 2002–2007Paris, Genève

    Bibles protestantes en français — Nouvelle Bible Segond et Segond 21

    La Nouvelle Bible Segond (2002), très annotée, et la Segond 21 (2007), « l'original avec les mots d'aujourd'hui », prolongent la lignée Segond pour les Églises évangéliques et réformées. En 2019, la Nouvelle Français courant renouvelle la Bible de 1982.

  2. 2008Partout

    le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — La Bible dans la poche

    Les applications bibliques mettent des dizaines de traductions, dont Segond 1910 et Olivétan, sur chaque téléphone ; les fac-similés de 1535 se feuillettent en ligne. Jamais l'Écriture n'a été aussi accessible ni aussi comparable.

  3. 2010Paris

    Bibles catholiques en français — La TOB révisée

    La traduction œcuménique reçoit une révision complète et six livres supplémentaires reconnus par les Églises orthodoxes : le texte commun s'élargit encore.

  4. 2024–2025Le monde

    le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — Toutes les langues

    En 2024, la Bible complète existe dans plus de 750 langues et le Nouveau Testament dans plus de 1 700 autres. Au 1er août 2025, 544 des 7 396 langues vivantes attendent encore un début de traduction : la tâche commencée à Alexandrie n'est pas finie.

  5. 2026Chez vous

    Bibles protestantes en français — Recevoir, examiner, transmettre

    « Nous sommes tous les héritiers de ceux qui nous ont précédés ; chacun reçoit, examine, réforme et transmet à son tour. » De Moïse à votre téléphone, la même Parole ; à chaque génération, la même responsabilité (Actes 17, 11 ; 1 Thessaloniciens 5, 21).

L'histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 20269 / 9

Après la friseCe qui ressort, en cinq points.

1. Un texte copié avec un soin extrême

Des massorètes comptant chaque lettre aux rouleaux de Qumrân qui confirment mille ans de copie, la Bible est le livre antique le mieux attesté : plus de 5 000 manuscrits grecs pour le seul Nouveau Testament.

2. Traduire est aussi vieux que la Bible

La Septante avait déjà mis l’Ancien Testament en grec deux siècles avant Jésus ; Jérôme le remit en latin sur l’hébreu ; Valdo, Wycliffe, Lefèvre, Olivétan ont fait de même pour le peuple. Lire dans sa langue n’est pas une invention moderne.

3. 1535 est une charnière, pas un commencement

La Bible d’Olivétan hérite de Lefèvre et de la Septante comme d’Érasme, et elle ouvre la lignée Genève – Martin – Ostervald – Segond. Le parcours compagnon « Olivétan 1535 » permet de la lire.

4. Protestants et catholiques : deux lignées, puis un texte commun

De Louvain (1550) à Crampon et à la Bible de Jérusalem, les catholiques ont traduit à leur tour sur les originaux ; la TOB (1975) est la première Bible française reçue par toutes les confessions.

5. La tâche continue

Plus de 750 langues ont la Bible complète, mais 544 langues attendent encore une première traduction. Recevoir, examiner, transmettre : la devise du dossier vaut pour la Bible elle-même.

Questions fréquentesCe qu’on demande souvent.

Qui a décidé quels livres seraient dans la Bible ?

Pour l’Ancien Testament, Israël reconnaissait déjà « la Loi, les Prophètes et les Écrits » à l’époque de Jésus. Pour le Nouveau, les Églises ont reçu très tôt les Évangiles et les lettres apostoliques ; les listes du IIe siècle (Muratori) et la lettre d’Athanase (367) ne créent pas le canon, elles constatent ce qui était lu partout. Les livres dits apocryphes ou deutérocanoniques, présents dans la Septante mais absents de la Bible hébraïque, sont le point où catholiques et protestants divergent depuis Olivétan, qui les mit à part.

Le texte a-t-il été modifié au fil des copies ?

Des variantes existent, comme dans tout texte copié à la main pendant des siècles, mais elles sont connues, recensées et presque toutes minimes (orthographe, ordre des mots). Aucune doctrine ne repose sur une variante. Les découvertes de Qumrân et du Sinaiticus ont rapproché le texte des originaux, pas éloigné.

Pourquoi tant de traductions françaises ?

Parce que la langue change, parce que la connaissance des manuscrits progresse, et parce que les publics diffèrent : l’étude demande la littéralité (Darby, NBS), la lecture courante demande la clarté (Semeur, Parole de Vie), la liturgie demande la beauté. Les comparer, comme le permet le serveur biblique de l’auteur, est une richesse, pas une confusion.

Quelle est la « meilleure » Bible ?

Celle que vous lisez. Pour un lecteur francophone, la Segond 1910 reste la base commune ; la Segond 21 ou la NBS l’actualisent ; la TOB fait entendre toutes les confessions. L’essentiel, disait déjà Olivétan dans son Apologie, est que le texte parvienne au lecteur et qu’il puisse juger.

SourcesPour aller plus loin.