Parcours compagnon · cinquième volet
L’histoire des Bibles,
de Moïse à votre téléphone.
Comment un texte écrit sur des rouleaux de cuir, il y a plus de trois mille ans, est-il arrivé jusqu’à la Bible que vous ouvrez ce matin ? Neuf planches, huit fils de couleur et 53 repères racontent cette transmission : les langues, les copistes, les traducteurs, les imprimeurs, et les Églises qui, à chaque génération, ont reçu la Parole pour la transmettre.
Mode d’emploi · les huit fils
- hébreu et Ancien Testament
- grec : Septante et Nouveau Testament
- latin : la Vulgate
- langues du peuple avant la Réforme
- Bibles protestantes en français
- Bibles catholiques en français
- manuscrits, érudition et critique du texte
- le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues
Comme dans la frise du dossier principal, chaque fil naît à son premier repère et court jusqu’au dernier ; une pastille marque l’événement et le titre prend la couleur du fil. Le fil concerné par le repère est à pleine encre, les autres passent en filigrane. À gauche : la date, le lieu et, quand il existe, le visage. Les dates anciennes sont approximatives ; les planches se lisent dans l’ordre, mais chacune se suffit.
Planche première · des origines au Ier siècle
Aux origines : des rouleaux hébreux à la Septante
Chaque fil de couleur suit une langue ou une famille de Bibles : l’hébreu, le grec, le latin, les langues du peuple, puis les Bibles françaises protestantes et catholiques, l’érudition et le monde entier. Une pastille marque l’événement ; le titre prend la couleur du fil. Les dates anciennes sont approximatives.
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hébreu et Ancien Testament — La Torah mise par écrit
La tradition d’Israël attribue à Moïse la Loi (Torah) ; les cinq livres sont copiés sur des rouleaux de cuir et lus à haute voix dans l’assemblée. L’écriture alphabétique, née en Canaan, rend possible un texte que le peuple entier peut entendre et apprendre.
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hébreu et Ancien Testament — Prophètes, psaumes et sagesse
Autour de la Loi s’ajoutent les livres historiques, les prophètes, les psaumes de David et la sagesse de Salomon. Après l’exil à Babylone, le scribe Esdras lit publiquement la Loi devant le peuple rassemblé () : la Bible est déjà un livre public.
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grec : Septante et Nouveau Testament — La Septante : la Bible parle grec
Pour les juifs d’Égypte qui ne lisent plus l’hébreu, la Loi puis tout l’Ancien Testament sont traduits en grec. Cette « version des Septante » sera la Bible des premiers chrétiens et celle que citent le plus souvent les auteurs du Nouveau Testament.
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hébreu et Ancien Testament — Les manuscrits de la mer Morte
Une communauté juive copie et conserve dans des jarres près d’un millier de manuscrits, dont un rouleau complet d’Ésaïe. Retrouvés en 1947, ils montrent un texte hébreu, pour l’essentiel, déjà celui que les copistes transmettront pendant mille ans, à côté d’autres formes plus rares.
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langues du peuple avant la Réforme — Les targums : traduire à la synagogue
Dans les synagogues, un traducteur rend en araméen, la langue parlée, chaque verset lu en hébreu. Le Talmud voit ce geste dès Esdras : le mot « distinctement » de désigne pour lui la traduction. Un targum de Job a été retrouvé à Qumrân ; les targums écrits d’Onkelos (la Loi) et de Jonathan (les Prophètes) en gardent la trace.
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hébreu et Ancien Testament — La Bible de Jésus
Jésus lit Ésaïe dans la synagogue de Nazareth () et cite « la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes » (). Les Écritures d’Israël font autorité ; les rabbins discutent encore du statut de quelques Écrits (Cantique, Ecclésiaste). Les apôtres les prêchent en hébreu, en araméen et en grec.
Témoins juifs et chrétiensCopier, compter, traduire : ce que racontent les maîtres juifsTalmud et Mishna · quatre textes commentés
Bien avant les imprimeurs, la tradition juive a réfléchi à la copie et à la traduction de l’Écriture. Quatre textes du Talmud et de la Mishna, rédigés entre le IIe et le VIe siècle, montrent ce qu’on en disait.
1. Traduire dès Esdras
Talmud de Babylone, Nedarim 37b et Megillah 3a
Néhémie raconte que les lévites « lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu, et ils en donnaient le sens » (). Pour Rab, le mot hébreu מְפֹרָשׁ, « distinctement », désigne le targum, la traduction araméenne faite à haute voix. Le Talmud attribue ensuite le targum de la Loi à Onkelos et celui des Prophètes à Jonathan ben Uzziel.
2. Les soixante-douze traducteurs
Talmud de Babylone, Megillah 9a ; traité Soferim 1, 7
« Le roi Ptolémée réunit soixante-douze anciens et les fit entrer dans soixante-douze maisons, sans leur dire pourquoi. Il alla trouver chacun et lui dit : Écrivez-moi la Torah de Moïse votre maître. Le Saint, béni soit-il, mit la sagesse dans le cœur de chacun, et tous s’accordèrent sur un même sens. »
Megillah 9a, traduction libre de l’araméen
Le récit ajoute qu’ils écrivirent tous « Dieu créa au commencement » au lieu de « Au commencement créa Dieu » () : c’est l’ordre même qu’adoptera Olivétan en 1535. Le grec de la Septante que nous possédons garde pourtant l’ordre hébreu : le Talmud rapporte une tradition, non le texte grec. Un autre traité, qui parle de cinq anciens, juge sévèrement la même entreprise : ce jour-là fut « aussi dur pour Israël que le jour où fut fait le veau d’or, car la Torah ne pouvait être traduite comme il convient ».
3. Compter les lettres
Talmud de Babylone, Kiddushin 30a
« Les anciens furent appelés soferim, parce qu’ils comptaient toutes les lettres de la Torah. »
Kiddushin 30a, traduction libre (jeu de mots : sofer, « scribe », et safar, « compter »)
Le Talmud précise que le ו (vav) du mot גָּחוֹן, « ventre », en marque la moitié exacte des lettres de la Torah. Les massorètes consigneront plus tard ce type de décompte en marge de leurs manuscrits.
4. Quels livres sont saints ?
Mishna, Yadayim 3, 5 ; Talmud de Babylone, Bava Batra 14b
Un livre saint « rend les mains impures » : on se lave les mains après l’avoir touché. La Mishna l’affirme de toutes les Écritures, puis rapporte un débat : selon Rabbi Juda, on discute de l’Ecclésiaste ; selon Rabbi Yosé, du Cantique ; Rabbi Akiba tranche : « tous les Écrits sont saints, mais le Cantique des cantiques est le saint des saints ». Le Talmud donne ensuite l’ordre des Prophètes et des Écrits, de Ruth aux Chroniques.
Fait : traduire la Bible est une pratique juive bien antérieure à l’Église : targums araméens à la synagogue, Septante grecque à Alexandrie.
Fait : le soin de la copie (lettres comptées, décomptes en marge) est attesté par les textes rabbiniques eux-mêmes.
Interprétation : les récits sur Esdras et sur les soixante-douze traducteurs sont des traditions tardives, qui disent surtout la valeur qu’on accordait à ces gestes.
Versets lus dans la Segond 1910 sur le serveur biblique de l’auteur. Textes juifs lus sur Sefaria, textes chrétiens sur TheologAI ; leurs traductions françaises sont des traductions libres faites pour ce parcours.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026I — IX
Planche deuxième · Ier–Ve siècle
Le Nouveau Testament et le canon
En moins d’un siècle, lettres et Évangiles sont écrits, copiés et échangés entre les Églises. Trois siècles plus tard, la liste des livres est fixée et l’Église d’Occident reçoit sa Bible latine.
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grec : Septante et Nouveau Testament — Les lettres de Paul
Les plus anciens écrits chrétiens sont des lettres dictées à des Églises et lues en assemblée, puis échangées (). Pierre les range déjà parmi « les autres Écritures » ().
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grec : Septante et Nouveau Testament — Les quatre Évangiles et l’Apocalypse
Marc, Matthieu, Luc (avec les Actes) puis Jean mettent par écrit le témoignage des apôtres. Le plus ancien fragment connu, le papyrus P52 (Jean 18), est généralement daté du IIe siècle ; sa date exacte reste discutée.
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manuscrits, érudition et critique du texte — Une liste des livres reçus
Le fragment de Muratori énumère les écrits lus dans l’Église de Rome ; à Lyon, Irénée défend « l’Évangile quadriforme ». Les Églises reconnaissent des livres qu’elles ont reçus, elles ne les fabriquent pas.
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langues du peuple avant la Réforme — Latin, syriaque, copte, gothique : les premières versions
Avant même Jérôme, les Églises traduisent : de « vieilles latines » circulent en Afrique du Nord et en Italie, la Peshitta donne la Bible en syriaque, des versions coptes naissent en Égypte et, vers 350, l’évêque Wulfila invente un alphabet pour traduire la Bible en gotique. Augustin recommande l’« Itala » et la Septante.
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manuscrits, érudition et critique du texte — Les grands codex : Vaticanus et Sinaiticus
Deux Bibles grecques presque complètes, copiées sur parchemin en livre relié (codex) et non plus en rouleau. Elles restent aujourd’hui les témoins majeurs du texte ; le Sinaiticus sera redécouvert en 1844.
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grec : Septante et Nouveau Testament — Athanase fixe la liste des 27 livres
Dans sa lettre pascale, l’évêque d’Alexandrie donne pour la première fois la liste exacte des vingt-sept livres du Nouveau Testament tels que nous les avons ; les conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397) la confirment.
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latin : la Vulgate — Jérôme et la Vulgate
À la demande du pape Damase, Jérôme révise les vieilles Bibles latines puis, installé à Bethléem, traduit l’Ancien Testament directement sur l’hébreu : « la vérité hébraïque ». Sa Vulgate sera la Bible de l’Occident pendant mille ans.
Témoins juifs et chrétiensSeptante ou « vérité hébraïque » ? Augustin, Jérôme et la Bible de JésusAugustin, Jérôme · Ésaïe 61 et Luc 4 comparés
Quand Jérôme retraduit l’Ancien Testament sur l’hébreu, tout le monde n’applaudit pas. Le débat qui l’oppose à Augustin traverse toute l’histoire de la Bible.
1. Augustin défend la Septante
Augustin d’Hippone, De la doctrine chrétienne II, 15, 22 (vers 396)
« Parmi les traductions latines, l’Itala est à préférer aux autres, car elle serre les mots de plus près sans nuire à la clarté. Et pour corriger le latin, il faut recourir aux versions grecques, parmi lesquelles l’autorité de la Septante est prééminente pour l’Ancien Testament. »
Traduction libre d’après le latin
Augustin rapporte aussi la tradition selon laquelle les traducteurs, isolés chacun dans une cellule, auraient produit un texte identique, « comme d’une seule voix ». Même là où l’hébreu diffère, il y voit une disposition de la Providence en faveur des nations.
2. Jérôme choisit l’hébreu
Jérôme, à Bethléem (390-405)
Jérôme, lui, veut remonter à la « vérité hébraïque ». Dans une lettre à Jérôme (lettre 71, vers 403), Augustin raconte qu’à Oea, en Afrique, la lecture de Jonas dans la nouvelle traduction, avec un « lierre » à la place de la « courge » habituelle, provoqua un tumulte dans l’assemblée. Changer la Bible qu’on entend chaque dimanche n’a jamais été simple.
3. Un exemple à vérifier : la Bible de Jésus
Serveur biblique : Ésaïe 61, 1 (hébreu) et Luc 4, 18-19 (grec)
| Ésaïe 61, 1, sur l’hébreu | Luc 4, 18-19, citant Ésaïe |
|---|---|
| « Pour proclamer aux captifs la liberté, Et aux prisonniers la délivrance » () | « Pour proclamer aux captifs la délivrance, Et aux aveugles le recouvrement de la vue » () |
Luc suit ici la Septante, qui lit « aux aveugles le recouvrement de la vue ». Les deux lectures ont été reçues comme Écriture : le Nouveau Testament cite souvent la Bible grecque, et la Réforme reviendra à l’hébreu, comme Jérôme.
Fait : le Nouveau Testament cite très souvent l’Ancien Testament d’après la Septante (ici Luc 4, 18-19).
Fait : Jérôme retraduit sur l’hébreu malgré les réticences d’Augustin ; la Réforme et Olivétan reprennent ce principe.
Interprétation : la manière d’articuler l’autorité de l’hébreu et celle de la Septante reste débattue entre traditions chrétiennes.
Versets lus dans la Segond 1910 sur le serveur biblique de l’auteur. Textes juifs lus sur Sefaria, textes chrétiens sur TheologAI ; leurs traductions françaises sont des traductions libres faites pour ce parcours. Augustin est lu dans l’édition anglaise NPNF (1887), à partir de laquelle la citation est rendue en français.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026II — IX
Planche troisième · VIe–XIVe siècle
Le Moyen Âge : copier, ordonner, traduire
Pendant mille ans, la Bible est un manuscrit précieux, copié dans les monastères. Les massorètes fixent l’hébreu, les universités découpent le texte en chapitres, et déjà des laïcs veulent le lire dans leur langue.
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latin : la Vulgate — Le Codex Amiatinus
La plus ancienne Bible latine complète conservée : plus de mille feuillets de parchemin, copiés par des moines anglo-saxons pour être offerts au pape. Vers 800, Alcuin, à la cour de Charlemagne, unifie le texte de la Vulgate pour tout l’empire.
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hébreu et Ancien Testament — Les massorètes : Alep et Léningrad
Les savants juifs de Tibériade ajoutent voyelles et accents au texte hébreu, écrit jusque-là en consonnes seules, et consignent en marge les décomptes de lettres hérités des scribes. Le Codex d’Alep (v. 930) et le Codex de Léningrad (1008) sont la base de toutes les Bibles hébraïques modernes.
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langues du peuple avant la Réforme — Valdo fait traduire l’Évangile à Lyon
Le marchand lyonnais Pierre Valdo paie deux clercs pour traduire des livres bibliques dans la langue du pays. Les « pauvres de Lyon » prêchent l’Écriture au peuple ; condamnés, ils survivent dans les vallées alpines jusqu’à Chanforan (1532).
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manuscrits, érudition et critique du texte — Chapitres et Bible de Paris
Étienne Langton découpe la Bible en chapitres, ceux que nous utilisons encore. Les libraires de l’université de Paris produisent des Bibles portatives d’un seul volume, à l’ordre des livres unifié : la Bible devient un objet que l’on peut consulter.
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langues du peuple avant la Réforme — La Bible historiale de Guyart des Moulins
Un chanoine traduit et adapte en français l’histoire biblique, d’après la Vulgate et un manuel latin. Copiée à des centaines d’exemplaires, souvent enluminée, c’est la Bible française des princes et des riches laïcs jusqu’à l’imprimerie.
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langues du peuple avant la Réforme — Wycliffe : la Bible en anglais
John Wycliffe et ses disciples traduisent toute la Vulgate en anglais, copiée à la main et diffusée par les lollards malgré l’interdiction. Un siècle avant l’imprimerie, l’idée est posée : le peuple doit pouvoir lire l’Écriture.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026III — IX
Planche quatrième · 1450–1534
L’imprimerie et le retour aux sources
En quatre-vingts ans, tout change : la presse multiplie les livres, les humanistes rééditent l’hébreu et le grec, et la Réforme met la Bible entre toutes les mains.
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le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — La Bible de Gutenberg
Le premier grand livre imprimé en Occident est la Vulgate : environ 180 exemplaires en deux volumes. Les Bibles deviennent plus nombreuses et moins chères, et une erreur corrigée sur la presse ne se propage plus de copie en copie.
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hébreu et Ancien Testament — La première Bible hébraïque imprimée
Une famille d’imprimeurs juifs publie la Bible hébraïque complète avec voyelles. En 1524-1525, la seconde Bible rabbinique de Venise (Bomberg) donnera le texte que reprendront tous les traducteurs de la Réforme, Olivétan compris.
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grec : Septante et Nouveau Testament — Polyglotte d’Alcalá et Nouveau Testament d’Érasme
En Espagne, le cardinal Cisneros imprime la Bible en colonnes parallèles hébreu, grec et latin. À Bâle, Érasme publie en 1516 le premier Nouveau Testament grec mis en vente, avec une traduction latine nouvelle : c’est le texte grec que liront Luther, Tyndale et Olivétan.
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le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — Luther : la Bible allemande
Réfugié à la Wartburg, Luther traduit le Nouveau Testament sur le grec en onze semaines ; la Bible complète paraît en 1534. Sa langue vivante forge l’allemand moderne et donne le modèle des Bibles de la Réforme.
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Bibles catholiques en français — Lefèvre d’Étaples : la Bible en français
L’humaniste Jacques Lefèvre d’Étaples traduit le Nouveau Testament (1523) puis toute la Bible (Anvers, 1530), d’après la Vulgate corrigée. Interdite en France, elle sert de base à Olivétan pour le Nouveau Testament et à la Bible catholique de Louvain.
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langues du peuple avant la Réforme — Tyndale, traducteur martyr
William Tyndale imprime en exil le Nouveau Testament anglais traduit du grec, introduit en Angleterre en contrebande. Arrêté près de Bruxelles, il est étranglé et brûlé en 1536 ; sa traduction passera en grande partie dans la Bible du roi Jacques.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026IV — IX
Planche cinquième · 1535–1600
Olivétan et la Bible de Genève
À Neuchâtel puis à Genève naît la lignée française protestante : une traduction sur l’hébreu et le grec, révisée sans relâche, découpée en versets, annotée pour le lecteur ordinaire.
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Bibles protestantes en français — Le synode de Chanforan
Les vaudois des vallées rencontrent Guillaume Farel et décident de faire traduire la Bible en français sur les langues originales, à leurs frais. Le cousin de Calvin, Pierre Robert dit Olivétan, est chargé du travail.
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Bibles protestantes en français — La Bible d’Olivétan
Pierre de Vingle achève l’impression d’un grand in-folio gothique : premier Ancien Testament français traduit de l’hébreu, Nouveau Testament révisé sur le grec, apocryphes mis à part, préface latine de Calvin. La souche de toutes les Bibles protestantes françaises.
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Bibles protestantes en français — Révisions de Genève
Jean Girard réimprime la Bible en caractères romains (« Bible de l’Épée », 1540) ; Calvin lui-même met la main aux révisions de 1546 et 1551. Le texte gagne en clarté à chaque édition.
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latin : la Vulgate — Le concile de Trente et la Vulgate
Face à la Réforme, le concile reçoit les livres deutérocanoniques dans le canon, déclare la Vulgate « authentique » pour l’enseignement et la prédication, et soumet l’impression des Bibles à l’approbation des évêques. La Vulgate officielle, dite sixto-clémentine, paraît en 1592 et restera la référence catholique jusqu’à la Nova Vulgata (1979).
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Bibles catholiques en français — La Bible de Louvain
Pour répondre aux Bibles protestantes, les théologiens de Louvain publient une Bible française catholique, révision de Lefèvre d’Étaples sur la Vulgate. Approuvée par les théologiens de Louvain et publiée avec privilège impérial, elle sera rééditée pendant un siècle.
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manuscrits, érudition et critique du texte — Robert Estienne numérote les versets
L’imprimeur du roi, réfugié à Genève, divise le Nouveau Testament grec (1551) puis toute la Bible française (1553) en versets numérotés. Concordances, catéchismes et lecture par référence deviennent possibles.
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Bibles protestantes en français — La Bible de Genève
Les pasteurs de Genève, Théodore de Bèze et Simon Goulart en tête, révisent l’ensemble : notes, sommaires, et le choix d’Olivétan pour le nom divin, « l’Éternel », désormais généralisé. La Bible de 1588 restera la référence des Églises réformées de langue française pendant plus d’un siècle.
Témoins juifs et chrétiensLes livres apocryphes : mis à part, lus ou rejetésSix textes, d’Olivétan (1535) à Westminster (1646)
En 1535, Olivétan place à part, entre les deux Testaments, les livres que la Septante et la Vulgate contiennent mais que la Bible hébraïque ignore (Tobit, Judith, Sagesse, Siracide, Maccabées…). Voici comment les grandes confessions les ont reçus.
| Texte | Date | Ce qu’il dit de ces livres |
|---|---|---|
| Bible d’Olivétan | 1535 | Imprimés à part, sous le titre d’« apocryphes ». |
| Concile de Trente, session IV | 1546 | Reçus dans le canon au même titre que les autres ; la Vulgate est déclarée « authentique ». |
| Confession de foi des Églises réformées de France, art. 4 | 1559 | Livres « ecclésiastiques » : « encore qu’ils soient utiles, on ne peut fonder aucun article de foi » sur eux. |
| Confession de foi des Pays-Bas, art. 6 | 1561 | L’Église peut les lire et en tirer instruction « dans la mesure où ils s’accordent avec les livres canoniques », sans en tirer aucun point de foi. |
| Trente-neuf articles (Église d’Angleterre), art. 6 | 1562 | « L’Église les lit, comme dit Jérôme, pour l’exemple de la vie et l’instruction des mœurs, mais ne s’en sert pas pour établir une doctrine. » |
| Confession de Westminster, ch. 1, § 3 | 1646 | « N’étant pas d’inspiration divine », ils ne font pas partie du canon et n’ont « aucune autorité dans l’Église ». |
La même confession de Westminster (ch. 1, § 8) résume le principe qui a guidé Olivétan et les réformateurs :
« L’Ancien Testament en hébreu et le Nouveau Testament en grec […] sont authentiques ; […] mais parce que ces langues originales ne sont pas connues de tout le peuple de Dieu, […] ils doivent être traduits dans la langue de chaque peuple où ils parviennent. »
Confession de Westminster (1646), ch. 1, § 8, traduction libre
Fait : dès 1535, la Bible protestante française sépare ces livres ; Trente (1546) les reçoit pleinement dans le canon.
Fait : les confessions protestantes vont d’un usage édifiant (Angleterre, Pays-Bas) à un refus d’autorité (Westminster).
Interprétation : le désaccord porte sur l’autorité de ces livres, non sur leur ancienneté ; la TOB de 2010 les réunit dans un même volume.
Versets lus dans la Segond 1910 sur le serveur biblique de l’auteur. Textes juifs lus sur Sefaria, textes chrétiens sur TheologAI ; leurs traductions françaises sont des traductions libres faites pour ce parcours. Trente, la confession des Pays-Bas, les Trente-neuf articles et Westminster sont lus sur TheologAI ; la confession de 1559 d’après son texte français.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026V — IX
Planche sixième · 1600–1830
Refuge, Lumières et sociétés bibliques
Chassés de France, les protestants révisent leur Bible à Amsterdam et à Neuchâtel ; les catholiques de Port-Royal donnent au français classique sa grande traduction ; puis les sociétés bibliques inventent la diffusion de masse.
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le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — La Bible du roi Jacques
Quarante-sept savants révisent les traductions anglaises antérieures, Tyndale en tête, pour le roi Jacques Ier. La King James Version devient la Bible du monde anglophone et de ses missions pendant trois siècles.
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Bibles catholiques en français — La Bible de Sacy
Louis-Isaac Lemaistre de Sacy, traduisant à la Bastille puis à Port-Royal, donne la Bible catholique classique en français, d’après la Vulgate. Sa prose élégante nourrira Racine, Pascal et deux siècles de lecteurs.
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Bibles protestantes en français — La Bible de David Martin
Pasteur réfugié à Utrecht après la révocation de l’édit de Nantes (1685), Martin révise la Bible de Genève sur les originaux pour les Églises du Refuge. Sa version reste imprimée encore aujourd’hui.
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Bibles protestantes en français — La Bible d’Ostervald
Jean-Frédéric Ostervald, pasteur de Neuchâtel, publie une révision claire de Genève et Martin, avec arguments et réflexions. Ce sera la Bible des protestants français jusqu’à Segond, notamment pendant le Réveil.
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le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — Les sociétés bibliques
La British and Foreign Bible Society (1804) puis la Société biblique protestante de Paris (1818) impriment et distribuent des Bibles à bas prix, sans notes, dans toutes les langues. Colporteurs et missions les portent jusqu’aux villages.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026VI — IX
Planche septième · 1830–1910
Le XIXe siècle : manuscrits retrouvés et Louis Segond
Les savants remontent aux manuscrits les plus anciens pendant que les Églises réclament une traduction neuve. Louis Segond répond aux deux attentes.
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manuscrits, érudition et critique du texte — Tischendorf retrouve le Codex Sinaiticus
Au monastère Sainte-Catherine, le savant allemand découvre puis obtient le grand codex grec du IVe siècle. Avec le Vaticanus, il permet aux éditions critiques (Westcott et Hort, 1881 ; Nestle, 1898) de remonter au-delà du texte d’Érasme.
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Bibles protestantes en français — La Bible de Darby
John Nelson Darby, fondateur des Assemblées de Frères, traduit avec des collaborateurs un Nouveau Testament (1859) puis toute la Bible (1885) d’une littéralité extrême, encore utilisée pour l’étude.
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Bibles protestantes en français — Louis Segond traduit à neuf
À la demande de la Compagnie des pasteurs de Genève, Louis Segond traduit l’Ancien Testament sur l’hébreu (1874) puis le Nouveau sur le grec (1880). Pour la première fois depuis Olivétan, une Bible française protestante n’est pas une révision mais une traduction nouvelle.
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Bibles catholiques en français — La Bible de Crampon
Le chanoine Augustin Crampon traduit, côté catholique, sur l’hébreu et le grec et non plus sur la Vulgate : un tournant, un demi-siècle avant que Rome ne l’encourage officiellement (Divino afflante Spiritu, 1943).
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Bibles protestantes en français — Segond 1910 et la Bible synodale
La Société biblique britannique publie la révision de Segond qui portera son nom, « Segond 1910 », lue dans ce dossier ; la même année paraît la Bible synodale des Églises réformées. La Segond 1910 devient la Bible de tout le protestantisme francophone, évangéliques compris.
Témoins juifs et chrétiensTrois variantes que vous pouvez vérifier vous-même1 Jean 5 · Marc 16 · Luc 4 : tableau comparatif
Les manuscrits retrouvés par Tischendorf et ses successeurs ont conduit les traducteurs à retirer ou à signaler quelques passages que lisaient les Bibles de la Réforme. Le serveur biblique de l’auteur permet de le constater en quelques clics : ouvrez chaque référence et choisissez « Comparer ».
| Passage | Olivétan 1535 | Segond 1910 | NBS, Semeur | Grec de Tischendorf |
|---|---|---|---|---|
| : « au ciel : le Père, la Parole et le Saint-Esprit » | présent | absent | absent | absent |
| : la finale longue de Marc | lue sans signe | lue sans signe | entre crochets | imprimée |
| : « guérir ceux qui ont le cœur brisé » | présent | présent | absent | absent |
La phrase de 1 Jean 5, 7 vient de manuscrits latins tardifs ; Érasme l’a introduite dans son Nouveau Testament grec en 1522, d’où elle est passée chez Olivétan. La foi en la Trinité ne repose pas sur ce verset : le parcours compagnon « Trinité » montre sur quels textes elle s’appuie. La finale de Marc manque dans les deux grands codex du IVe siècle, qui s’arrêtent au verset 8.
Fait : ces différences viennent des manuscrits, non des traducteurs ; toutes sont signalées dans les Bibles d’étude.
Fait : aucune ne touche un point central de la foi chrétienne.
Interprétation : le poids à donner aux manuscrits anciens (Sinaiticus, Vaticanus) face au texte majoritaire byzantin reste discuté, y compris entre évangéliques.
Versets lus dans la Segond 1910 sur le serveur biblique de l’auteur. Textes juifs lus sur Sefaria, textes chrétiens sur TheologAI ; leurs traductions françaises sont des traductions libres faites pour ce parcours.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026VII — IX
Planche huitième · 1947–2000
Le XXe siècle : Qumrân, Jérusalem, œcuménisme
La découverte de la mer Morte confirme le texte hébreu ; catholiques et protestants traduisent enfin ensemble ; les Bibles se multiplient pour des publics différents.
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manuscrits, érudition et critique du texte — Les rouleaux de la mer Morte
Un berger bédouin trouve les premières jarres. Le grand rouleau d’Ésaïe, mille ans plus ancien que le Codex de Léningrad, concorde avec lui pour l’essentiel ; les écarts portent surtout sur l’orthographe. Qumrân révèle aussi d’autres formes du texte, dont celle que traduit la Septante (un Jérémie plus court).
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Bibles catholiques en français — La Bible de Jérusalem
Les dominicains de l’École biblique de Jérusalem publient en un volume une traduction sur les originaux, avec introductions et notes d’érudition. Elle devient la Bible catholique de référence en français.
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Bibles catholiques en français — La TOB, traduction œcuménique
Catholiques, protestants et orthodoxes traduisent ensemble ; le Nouveau Testament paraît en 1972, la Bible entière en 1975. Pour la première fois depuis la Réforme, un même texte français est reçu par toutes les confessions.
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Bibles protestantes en français — Colombe et Bible en français courant
La Segond révisée « à la Colombe » (1978) modernise la Segond pour les Églises évangéliques et réformées. La Bible en français courant (1982), de l’Alliance biblique, cherche un langage simple pour tous.
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Bibles protestantes en français — Semeur et Parole de Vie
La Bible du Semeur (1992, révisée 2015), traduction évangélique en français contemporain, et la Parole de Vie (2000), en français fondamental, élargissent le choix des lecteurs. Les Bibles d’étude se multiplient.
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manuscrits, érudition et critique du texte — Nestle-Aland 27 et 28
L’édition critique du Nouveau Testament grec, fruit d’un siècle de travail sur plus de 5 000 manuscrits, sert de base à presque toutes les traductions modernes. Le texte est le plus sûr que l’on ait jamais possédé.
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026VIII — IX
Planche neuvième · 2000–2026
Aujourd’hui : une Bible pour chaque lecteur
Traductions nouvelles, écran et téléphone, et un mouvement mondial pour que chaque langue ait son Écriture : l’histoire commencée avec des rouleaux de cuir continue.
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Bibles protestantes en français — Nouvelle Bible Segond et Segond 21
La Nouvelle Bible Segond (2002), très annotée, et la Segond 21 (2007), « l’original avec les mots d’aujourd’hui », prolongent la lignée Segond pour les Églises évangéliques et réformées. En 2019, la Nouvelle Français courant renouvelle la Bible de 1982.
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le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — La Bible dans la poche
Les applications bibliques mettent des dizaines de traductions, dont la Segond 1910, sur chaque téléphone ; les fac-similés de 1535 se feuillettent en ligne. Jamais l’Écriture n’a été aussi accessible ni aussi comparable.
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Bibles catholiques en français — La TOB révisée
La traduction œcuménique reçoit une révision complète et six livres supplémentaires reconnus par les Églises orthodoxes : le texte commun s’élargit encore.
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le monde : imprimerie, sociétés bibliques, toutes langues — Toutes les langues
En 2024, la Bible complète existe dans plus de 750 langues et le Nouveau Testament dans plus de 1 700 autres. Au 1er août 2025, 544 des 7 396 langues vivantes attendent encore un début de traduction : la tâche commencée à Alexandrie n’est pas finie.
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Bibles protestantes en français — Recevoir, examiner, transmettre
« Nous sommes tous les héritiers de ceux qui nous ont précédés ; chacun reçoit, examine, réforme et transmet à son tour. » De Moïse à votre téléphone, la même Parole ; à chaque génération, la même responsabilité ( ; ).
L’histoire des Bibles · frise en neuf planches · édition 2026IX — IX
Après la friseCe qui ressort, en cinq points.
Des scribes qui comptaient chaque lettre aux rouleaux de Qumrân qui confirment, pour l’essentiel, mille ans de copie, la Bible est le livre antique le mieux attesté : plus de 5 000 manuscrits grecs pour le seul Nouveau Testament.
Les synagogues traduisaient déjà en araméen (les targums) et la Septante avait mis l’Ancien Testament en grec deux siècles avant Jésus ; Jérôme le remit en latin sur l’hébreu ; Valdo, Wycliffe, Lefèvre, Olivétan ont fait de même pour le peuple. Lire dans sa langue n’est pas une invention moderne.
La Bible d’Olivétan hérite de Lefèvre et de la Septante comme d’Érasme, et elle ouvre la lignée Genève – Martin – Ostervald – Segond. Le parcours compagnon « Olivétan 1535 » permet de la lire.
De Louvain (1550) à Crampon et à la Bible de Jérusalem, les catholiques ont traduit à leur tour sur les originaux ; la TOB (1975) est la première Bible française reçue par toutes les confessions.
Plus de 750 langues ont la Bible complète, mais 544 langues attendent encore une première traduction. Recevoir, examiner, transmettre : la devise du dossier vaut pour la Bible elle-même.
Questions fréquentesCe qu’on demande souvent.
Qui a décidé quels livres seraient dans la Bible ?
Pour l’Ancien Testament, Jésus parle de « la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes » () ; la Mishna montre que les rabbins discutaient encore du Cantique et de l’Ecclésiaste, et le Talmud (Bava Batra 14b) fixe l’ordre des Prophètes et des Écrits. Pour le Nouveau, les Églises ont reçu très tôt les Évangiles et les lettres apostoliques ; les listes du IIe siècle (Muratori) et la lettre d’Athanase (367) ne créent pas le canon, elles constatent ce qui était lu partout. Les livres dits apocryphes ou deutérocanoniques, présents dans la Septante mais absents de la Bible hébraïque, sont le point où catholiques et protestants divergent depuis Olivétan, qui les mit à part : voir l’encadré « Les livres apocryphes » de la planche V.
Le texte a-t-il été modifié au fil des copies ?
Des variantes existent, comme dans tout texte copié à la main pendant des siècles, mais elles sont connues, recensées et presque toutes minimes (orthographe, ordre des mots). Aucune doctrine centrale ne dépend d’une variante isolée ; les plus connues ( ; Jean 7, 53 – 8, 11 ; ) sont signalées dans les Bibles modernes : voir l’encadré « Trois variantes » de la planche VII. Les découvertes de Qumrân et du Sinaiticus ont rapproché le texte des originaux, pas éloigné.
Pourquoi tant de traductions françaises ?
Parce que la langue change, parce que la connaissance des manuscrits progresse, et parce que les publics diffèrent : l’étude demande la littéralité (Darby, NBS), la lecture courante demande la clarté (Semeur, Parole de Vie), la liturgie demande la beauté. Les comparer, comme le permet le serveur biblique de l’auteur, est une richesse, pas une confusion.
Quelle est la « meilleure » Bible ?
Celle que vous lisez. Pour un lecteur francophone, la Segond 1910 reste la base commune ; la Segond 21 ou la NBS l’actualisent ; la TOB fait entendre toutes les confessions. L’essentiel, disait déjà Olivétan dans son Apologie, est que le texte parvienne au lecteur et qu’il puisse juger.
SourcesPour aller plus loin.
- Les douze passages bibliques cliquables sont lus sur le serveur biblique de l’auteur : Segond 1910 (domaine public) ; comparaison avec la Nouvelle Bible Segond (© Société biblique française), la Bible du Semeur (© Biblica / Excelsis), Parole de Vie (© Alliance biblique française), Darby (1890) et la transcription de travail d’Olivétan 1535 ; hébreu du Codex de Léningrad et grec de Tischendorf avec numéros Strong.
- Témoins juifs (Sefaria) : Talmud de Babylone, Nedarim 37b, Megillah 3a et 9a, Kiddushin 30a, Bava Batra 14b ; Mishna, Yadayim 3, 5 ; traité Soferim 1, 7. Témoins chrétiens (TheologAI) : Augustin, De la doctrine chrétienne II, 15 (NPNF, 1887) ; concile de Trente, session IV ; Confession de foi des Pays-Bas, art. 6 ; Trente-neuf articles, art. 6 ; Confession de Westminster, ch. 1. Toutes les traductions françaises de ces textes sont des traductions libres.
- Fac-similés en ligne : Bible d’Olivétan, 1535 (e-rara) · Codex Sinaiticus · Manuscrits de la mer Morte (Musée d’Israël) · Gallica pour la Bible historiale, Lefèvre d’Étaples, Sacy, Martin et Ostervald.
- Statistiques de traduction : Wycliffe Global Alliance, Global Scripture Access 2025 (544 langues sur 7 396 en attente au 1er août 2025) et rapport 2024 (plus de 750 langues avec Bible complète).
- Repères historiques : notices du Musée international de la Réforme (Genève), de la Bibliothèque de Genève et de l’Alliance biblique française ; éditions critiques Biblia Hebraica Stuttgartensia et Nestle-Aland (28e éd., 2012).
- Crédits des portraits (domaine public, Wikimedia Commons) : Érasme par Holbein (atelier, v. 1530) ; Jérôme par Ghirlandaio (Ognissanti, 1480) ; Gutenberg, gravure du XVIe siècle ; Lefèvre d’Étaples, estampe (Rijksmuseum) ; Tyndale, gravure ancienne ; Robert Estienne, estampe (BnF) ; Théodore de Bèze, gravure ; Lemaistre de Sacy par Philippe de Champaigne (Port-Royal) ; Ostervald, gravure ; Tischendorf, photographie v. 1870 ; Louis Segond, photographie. Page de titre de la Bible de 1535 : Internet Archive / e-rara. Les autres médaillons viennent du dossier principal. Tous sont unifiés à l’écran par un lavis sépia.
- Typographie : Cormorant Garamond (titres) et Spectral (texte), sous licence SIL Open Font, servies depuis ce site.
- Parcours compagnons liés : Olivétan 1535 (lire la première Bible française) et le dossier D’où viennent nos Églises protestantes ? (la frise des Églises, dont ce site reprend le gabarit).
















